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LETTRE OUVERTE AU Monsieur le Ministre,
Nous regrettons, aux Fonctions Publiques CGC, que le gouvernement ait fait preuve d'un tel refus de dialoguer avec les organisations syndicales. Si une négociation avait eu lieu, nous aurions pu aboutir à un compromis acceptable. Les Fonctions Publiques CGC, comme d'autres partenaires sociaux étaient prêtes à négocier. Nous vous avions fait des propositions :
Aucune ouverture en vue d'une véritable négociation n'a été faite. Bien au contraire, loin d'avoir fait des propositions et ensuite d'engager une négociation, ou pour le moins une concertation, le gouvernement a édicté unilatéralement un projet de loi et a refusé toute discussion. Les fonctionnaires ne retiendront que deux choses de cette réforme :
Gel des rémunérations En tout état de cause, ce qu'il on beaucoup de mal à supporter c'est d'être systématiquement stigmatisés et présentés comme les boucs émissaires de toutes les difficultés financières de la France. Quelle grande mesure d'économie : geler pour les trois années à venir le point d'indice ! Les fonctionnaires ont perdus 10% de pouvoir d'achat depuis l'an 2000 et l'addition du gel du point additionné à une augmentation programmée de 3% de leur cotisation pour la retraite va leur faire perdre probablement 6% supplémentaires d'ici peu de temps. Il serait nettement plus économique pour la France de simplifier la stratification administrative du pays, qui ressemble plus à un mille feuilles qu'à une structure de service public optimisée. Par ailleurs, à l'occasion de la signature du volet salarial des accords du 21 février 2008, il avait été programmé une révision de la structure statutaire des catégories B et A. Pour la catégorie B, une négociation a bien eu lieu et a abouti à une réforme globalement satisfaisante. A contrario, pour la catégorie A, les services du ministère de la fonction publique n'ont fait que des propositions très en retrait, notamment, des demandes des Fonctions Publiques CGC et des espoirs des agents concernés. Comment peut-on motiver des agents publics si le système statutaire, auquel ils sont très attachés, ne leur permet plus de véritables déroulements de carrières valorisant. Il est fini le temps où un agent entré dans l'administration, y compris comme agent de bureau ou comme ouvrier, pouvait espérer en se motivant monter jusqu'en haut de la hiérarchie. Aujourd'hui, la combinaison des obstacles statutaires et d'une gestion à courte vue, décourage les plus motivés. Dans ces conditions, aujourd'hui je me fais le porte parole de la fédération pour revendiquer une autre politique salariale et la mise en place d'une nouvelle politique globale de GPEEC (gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences) basée sur la fonction publique de métiers.
Depuis de nombreuses années, les Fonctions Publiques CGC revendiquent la mise en place de la fonction publique de métiers. Notre projet sur ce thème, s'il était mené dans le cadre d'une gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences serait indiscutablement de nature à engendrer des économies sur le moyen et le long terme pour nos administrations. Nous avions noté avec une certaine satisfaction le discours des vœux du Président de la République aux fonctionnaires à Lille au début de l'année 2008 : il engageait la fonction publique vers la fonction publique de métiers qui nous est si chère. Depuis, chassé le naturel, il revient au galop : au lieu de réformer le système de manière à le rendre plus efficient, on nous ressert les bonnes vielles recettes, soit disant pour faire des économies, mais qui aboutissent inéluctablement à des contre performances de ce point de vue. Comment peut-on améliorer le système si les mesures prises n'aboutissent qu'à la désorganisation des services et à la désespérance des agents qui ne s'approprient pas les réformes et réorganisations aussi multiples que déconcertantes. Ce n'est pas en jouant au bonneteau avec les services et les comptes publics que la situation s'améliorera. Un jour ou l'autre, la tasse qui contient le mistigri est soulevée et la contre performance apparaît au grand jour. Chaque jour qui passe, les hautes autorités politiques et administratives veulent faire entrer des principes de gestion du secteur privé. Soit, mais encore faudrait-il qu'ils regardent jusqu'au bout des concepts : depuis plusieurs années les entreprises privées se sont aperçues que leur première richesse était leurs ressources humaines. Il en va de même dans la fonction publique. Ceux qui croient que les agents publics peuvent être remplacés par des quelques répondeurs téléphoniques paramétrés, oublient trop vite que l'administration de notre pays nécessite, et nécessitera toujours, des agents publics capables de traiter toutes la complexité de notre législation et toutes les exceptions issues tant de l'imagination des rédacteurs de texte que de la vraie vie qui ne se déroule pas toujours comme dans les livres.
En matière de dialogue social, les Fonctions Publiques CGC, dès les conférences sociales de la fin de l'année 2007, s'étaient positionnées comme partie prenante des changements à venir. Nous avions collectivement accepté que des changements aient lieu, y compris des changements quant au système préciputaire existant. Mon prédécesseur, Charles BONISSOL, spécialement mandaté à cet effet, avait signé les accords de Bercy. Des engagements avaient été pris, tant par les négociateurs de la DGAFP que par les autorités politiques concernées. Aujourd'hui, nous sommes toujours dans un contentieux au niveau de la fonction publique territoriale, car le gouvernement, en reniant sa parole, et au mépris de la loi, nous a écartés de toutes les instances nationales de ce versant de la fonction publique et joue maintenant la montre au niveau de la juridiction administrative, alors que nous ne réclamons que l'application à la lettre de la loi. Les Fonctions Publiques-CGC revendiquent aujourd'hui la restitution de son siège au conseil supérieur de la fonction publique territoriale jusqu'aux élections de 2014.
Président |